Carapace peint et doré

Amérique du Sud ?,
XIX siècle

32 x 26 x 20 cm

Provenance : Collection privée Munich

« Posséder et enrichir un cabinet de curiosité équivaut ainsi à posséder le monde en raccourci » (cit. Gilles Banderier, Les cabinets de curiosités ou l’enchantement du monde)

En suivant le dessin du carapace, probablement d’une tortue des Galapagos, l’artiste a inséré une surprenante galerie de portraits de personnages provenant du monde entier caractérisés pas des vêtements typique et distingués par des inscription : on retrouve un Maori à coté d’un Arabe; un Eskimo à coté d’un Singhalaise. Sur la partie supérieure du carapace apparaissent six blasons appartenant à des états Sud-Américains qui rendent l’objet plus intriguant (nous distinguons le Chile, le Paraguay, Venezuela). Une approximative carte du globe, trône sur la partie finale, légèrement arrondie du carapace.

Sorte de résumé du monde, de ses habitants et ses territoires, ce carapace est une sorte d’abrégé, un microcosme et une véritable imitation du monde qui condense l’exotique dans sa prodigieuse hétérogénéité, marie naturalia et artificialia. Dans les Wunderkammer, les critères qui présidaient à la sélection des objets, d’une part la rareté, d’autre part l’étrangeté, servaient aussi à brouiller les frontières et créer une synthèse primaire entre les trois règnes, entre objets naturels et objets artificiels, synthèse dont ce carapace minutieusement décoré est un formidable exemple.