Rare paire de chiens Molosses assis

Venise, première moitié du XVI siècle
Pierre d’Istrie

H 88 cm

Provenance: -Importante collection privée d’un architecte et scénographe de Orvieto (Ombrie)

La représentation du chien remonte à l’antiquité, quand les chiens, notamment les molosses étaient considérés comme des armes de guerre et utilises pour attaquer l’ennemi ou monter la garde pour protéger des lieux stratégiques. A l’entrée des villas de Pompei suffisait la présence d’une inscription « cave canem » pour décourager les voleurs potentiels.

A la Renaissance la figure du chien se charge de nouvelles significations. La fidélité n’était qu’une des nombreuses virtus attribués aux molosses : la bénignité, la force et la capacité de persuasion faisaient du chien le symbole des virtus du prince. Chef de troupeaux, le chien symbolisait également la Foix chrétienne et faisait référence allégoriquement au rôle du Prince en tant que Bon pasteur qui conduit son troupeau vers le Bien. Les deux chiens à la musculature nerveuse et à la peau adhérente qui laisse voir les cotes, sont représentés assis de face, dans une composition austère et frontale qui fait allusion à leurs rôles de fidèles gardians. Les têtes sont larges, les yeux bien distanciés, les membres longs et robustes ; les colliers épais et pointus réaffirment leur force. Aucun autre idéale du Cinquecento arrivait à souder le concept de beauté avec celui de noblesse, d’élégance et renonciation aux biens terrestres. Le chien devait donc représenter l’animal idéal, synthèse harmonieuse d’honneur, fidélité, ténacité : caractéristique essentielle pour être le serviteur idéal du bon prince. Ils étaient vraisemblablement positionnés à l’entrée d’une villa aristocratique pour faire allusion aux vertus de force et détermination du Seigneur du château. Même le Granduc Cosimo II avait commandé au sculpteur animalier plus important de son siècle, Matteo Ferrucci del Tadda, un ensemble de 11 chiens molosses en pierre qui avaient été positionnés dans le Jardin de Boboli pour compléter le cycle allégorique célébrant les vertus de la famille et du prince.

Bibliographie:
-G. Capecchi, I Cani in pietra bigia di Romolo Ferrucci del Tadda, simbolismo e capriccio nel giardino di Boboli, Firenze 1998